Discussion:
Nucléaire: même l’avenir n’est plus ce qu’il était
(trop ancien pour répondre)
Harp
2018-02-03 05:24:25 UTC
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Raw Message
Excellente synthèse sur la réalité du nucléaire en France:
https://blogs.mediapart.fr/benjamin-dessus/blog/101116/nucleaire-meme-l-avenir-n-est-plus-ce-qu-il-etait

Extraits:


• Enterrée en effet depuis belle lurette la loi du doublement des
besoins d’électricité tous les 10 ans édictée par Marcel Boiteux dans
les années 1960. Depuis 2010 en France, la consommation d’électricité
stagne en dessous de 480 TWh, soit moins de la moitié de ce que l’on
anticipait lorsque fut lancé le programme nucléaire français. Cette
consommation pourrait bien encore baisser d’une bonne centaine de TWh
si la France se décidait à respecter la loi de transition énergétique.

• Enterrée la conviction que des centrales nucléaires allaient être
mises en service un peu partout dans le monde et que la France allait
exporter partout son savoir faire et ses réacteurs. Au total, la France
a construit 58 réacteurs sur son sol et n’en a exporté que 11.

• Enterrée la prédiction d’une montée inexorable de la part du
nucléaire dans la production électrique mondiale. Cette part est tombée
de 15 % en 2010 à moins de 11 % en 2015. Quant à la production
d’électricité d’origine nucléaire, elle a même reculé de 5 % sur cette
période.

• Enterrée la conviction que l’accident majeur ne pouvait pas se
produire. Après l’accident grave de Three Miles Island survenu en
19794, ceux de Tchernobyl et de Fukushima ont montré qu’un accident
majeur n’avait rien d’improbable, même dans un pays jusque-là encensé
pour sa maturité technologique et son organisation industrielle.

• Interrompue en 1997 la saga des surgénérateurs par la décision
d’arrêt de Superphenix devant les incidents répétés et les coûts
d’exploitation constatés.

• Enterrée enfin la conviction que la question des déchets à haute
activité et à longue durée de vie était mineure et serait réglée grâce
au progrès scientifique et technique dès le début du vingt-et-unième
siècle. En réalité, elle reste sans réponse, ce que les Français
commencent à comprendre grâce à la mobilisation des opposants au projet
d’enfouissement profond des déchets sur le site de Bure, dans la Meuse.
Le parc français, dont 80 % a été construit entre 1980 et 1990
vieillit. Son âge moyen atteint 31 ans, alors que sa durée de vie
programmée est de 40 ans. Il va falloir, si tout va bien, dépenser en
20 ans selon la Cour des comptes une centaine de milliards d’euros pour
rénover les réacteurs et les mettre au niveau de sûreté requis en
espérant ainsi prolonger leur durée de vie de 10 ou 20 ans. Le coût
estimé de ce « grand carénage » est ainsi plus élevé que ce que la
France a dépensé pour construire ses 58 réacteurs (83,2 milliards
d'euros) ! Et encore, cette estimation ne tient pas compte de la
réalité du terrain : découvertes de défauts divers sur l’état réel des
matériels, en particulier des générateurs de vapeur de 18 réacteurs,
chute d’un générateur à Paluel, etc. La facture risque donc fort de
s’alourdir sensiblement.

Autre perspective peu réjouissante, celle du démantèlement des
réacteurs, qui se rapproche inéluctablement. On manque cruellement en
France d’expérience sur le sujet. Aux Etats Unis, par contre, on a
démantelé des centrales du même type que les nôtres mais à un coût près
de cinq fois supérieur au coût prévu par EDF et, en Allemagne, les
estimations de coût de démantèlement d’une centrale du même type sont
2,4 fois plus élevées.
Paul Aubrin
2018-02-03 07:15:51 UTC
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Raw Message
Post by Harp
• Enterrée en effet depuis belle lurette la loi du doublement des
besoins d’électricité tous les 10 ans édictée par Marcel Boiteux dans
les années 1960. Depuis 2010 en France, la consommation d’électricité
stagne en dessous de 480 TWh, soit moins de la moitié de ce que l’on
anticipait lorsque fut lancé le programme nucléaire français. Cette
consommation pourrait bien encore baisser d’une bonne centaine de TWh si
la France se décidait à respecter la loi de transition énergétique.
Une des causes est la désindustrialisation.
any.one
2018-02-03 09:13:38 UTC
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Raw Message
Post by Paul Aubrin
Post by Harp
• Enterrée en effet depuis belle lurette la loi du doublement des
besoins d’électricité tous les 10 ans édictée par Marcel Boiteux dans
les années 1960. Depuis 2010 en France, la consommation d’électricité
stagne en dessous de 480 TWh, soit moins de la moitié de ce que l’on
anticipait lorsque fut lancé le programme nucléaire français. Cette
consommation pourrait bien encore baisser d’une bonne centaine de TWh si
la France se décidait à respecter la loi de transition énergétique.
Une des causes est la désindustrialisation.
Curieux que cette évidence soit occultée et nous nous aurions des
centrales au charbon ou au gaz la problématique serait la même.

Il y a longtemps ( avant 2000 ) que EDF a intégré cette dimension dans
ses projets tant au niveau production qu'au niveau réseau.
Pour preuve; il n'a pas été construit de centrale en trop, ni de ligne
de transport inutile.



---
L'absence de virus dans ce courrier électronique a été vérifiée par le logiciel antivirus Avast.
https://www.avast.com/antivirus
Yannix
2018-02-03 11:43:35 UTC
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Raw Message
Post by Harp
https://blogs.mediapart.fr/benjamin-dessus/blog/101116/nucleaire-meme-l-avenir-n-est-plus-ce-qu-il-etait
•    Enterrée en effet depuis belle lurette la loi du doublement des
besoins d’électricité tous les 10 ans édictée par Marcel Boiteux dans
les années 1960. Depuis 2010 en France, la consommation d’électricité
stagne en dessous de 480 TWh, soit moins de la moitié de ce que l’on
anticipait lorsque fut lancé le programme nucléaire français. Cette
consommation pourrait bien encore baisser d’une bonne centaine de TWh si
la France se décidait à respecter la loi de transition énergétique.
•    Enterrée la conviction que des centrales nucléaires allaient être
mises en service un peu partout dans le monde et que la France allait
exporter partout son savoir faire et ses réacteurs. Au total, la France
a construit 58 réacteurs sur son sol et n’en a exporté que 11.
•    Enterrée la prédiction d’une montée inexorable de la part du
nucléaire dans la production électrique mondiale. Cette part est tombée
de 15 % en 2010 à moins de 11 % en 2015. Quant à la production
d’électricité d’origine nucléaire, elle a même reculé de 5 % sur cette
période.
•    Enterrée la conviction que l’accident majeur ne pouvait pas se
produire. Après l’accident grave de Three Miles Island survenu en 19794,
ceux de Tchernobyl et de Fukushima ont montré qu’un accident majeur
n’avait rien d’improbable, même dans un pays jusque-là encensé pour sa
maturité technologique et son organisation industrielle.
•    Interrompue en 1997 la saga des surgénérateurs par la décision
d’arrêt de Superphenix devant les incidents répétés et les coûts
d’exploitation constatés.
•    Enterrée enfin la conviction que la question des déchets à haute
activité et à longue durée de vie était mineure et serait réglée grâce
au progrès scientifique et technique dès le début du vingt-et-unième
siècle. En réalité, elle reste sans réponse, ce que les Français
commencent à comprendre grâce à la mobilisation des opposants au projet
d’enfouissement profond des déchets sur le site de Bure, dans la Meuse.
Le parc français, dont 80 % a été construit entre 1980 et 1990 vieillit.
Son âge moyen atteint 31 ans, alors que sa durée de vie programmée est
de 40 ans. Il va falloir, si tout va bien, dépenser en 20 ans selon la
Cour des comptes une centaine de milliards d’euros pour rénover les
réacteurs et les mettre au niveau de sûreté requis en espérant ainsi
prolonger leur durée de vie de 10 ou 20 ans. Le coût estimé de ce «
grand carénage » est ainsi plus élevé que ce que la France a dépensé
pour construire ses 58 réacteurs (83,2 milliards d'euros) ! Et encore,
découvertes de défauts divers sur l’état réel des matériels, en
particulier des générateurs de vapeur de 18 réacteurs, chute d’un
générateur à Paluel, etc. La facture risque donc fort de s’alourdir
sensiblement.
Donc, quand est-ce qu'on arrête ?
Post by Harp
Autre perspective peu réjouissante, celle du démantèlement des
réacteurs, qui se rapproche inéluctablement. On manque cruellement en
France d’expérience sur le sujet. Aux Etats Unis, par contre, on a
démantelé des centrales du même type que les nôtres mais à un coût près
de cinq fois supérieur au coût prévu par EDF et, en Allemagne, les
estimations de coût de démantèlement d’une centrale du même type sont
2,4 fois plus élevées.
C'est que dalle par rapport au coût de "stockage" des déchets nucléaire.

X.
--
Post by Harp
Macron, je veux bien marcher dessus du pied gauche, ça porte bonheur.
Et voilà. J'étais sûr que ça allait déraper...
Forcément, ça glisse.
Paul Aubrin
2018-02-03 15:41:14 UTC
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Raw Message
Post by Harp
https://blogs.mediapart.fr/benjamin-dessus/blog/101116/nucleaire-meme-l-
avenir-n-est-plus-ce-qu-il-etait

Pendant ce temps, le nucléaire se développe en Chine. Le régulateur
chinois a autorisé la fusion de deux groupes de construction nucléaire.
Le nouveau groupe né de la fusion aura un capital de 100 millions de
dollars et 140.000 employés. La fusion fait partie de la stratégie très
active des chinois pour développer leur industrie nucléaire.
La capacité installée devrait passer de 36GW à 58 en 2020 et 200GW en
2030.

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